Les 7 positions du patinage

Mise à jour le 9 octobre, 2004

 
7 positions
La base
Le héron
L'attente
Les ciseaux
Le slalom
L'alpin
Le bouchon

 
La position de base
En espadrilles pour commencer
  • Pieds parallèles, séparés par la largeur de 2 mains.
  • Genoux fléchis.
  • Fesses rentrées.
On rentre les fesses pour supporter le dos; ça incline le bassin pour que le corps supérieur repose sur les hanches, stables et puissantes, plutôt que sur un tout petit angle en bas de l'échine. Ceux qui ont mal au dos après 5 minutes de patin ont les fesses sortantes.
 
On fléchit les genoux pour deux raisons:
  • Pour faire de vos jambes des ressorts / amortisseurs.
  • Pour vous donner des poussées plus longues et plus efficaces.
Le degré de flexion idéal dépend de l'individu et de quelle sorte de patinage il fait. Les sprinters ont intérêt à avoir les genoux à 90° ou presque, mais cette position est trop fatigante pour se maintenir longtemps. En patin aligné on recommande une flexion allant de 110° à 125°.
 
Comment s'équilibrer
 
Pour être le plus stable, le poids du corps doit passer par le centre de chaque patin. Trop sur les avant-pieds et les patins se contrôlent mal, d'ailleurs on risque de trébucher. Trop sur les talons et, quoique les patins se contrôlent très bien, on risque de se ramasser sur les fesses. Quand on débute en patinage on éprouve souvent de la difficulté à trouver le juste milieu.
 
Mettez vos patins et (dans le gazon pour plus de sécurité) faites tranquillement l'exercice suivant:
  • Balancez-vous lentement en avant, jusqu'à sentir que votre poids est sur les avant-pieds.
  • Balancez-vous lentement en arrière, jusqu'à sentir que votre poids est sur les talons.
  • Faites comme une pendule, lentement, entre ces deux extrêmes, en réduisant graduellement le mouvement jusqu'à ce que vous trouviez votre centre exact.
Même les vétérans ont des journées où quelque chose ne va pas. Souvent il suffit de prendre quelques moments pour retrouver le centre.
 
Pour aller plus loin
  • Position de base.
  • Mains en arrière du dos de façon confortable.
  • Le dos arrondi, penché, les fesses rentrées pour le supporter.
  • Tête levée pour regarder en avant.
Voilà la position de base pour le patinage de vitesse. C'est confortable et efficace, permettant de fendre l'air comme un couteau. On s'accoutume à se sentir en équilibre sans les bras, que l'on ne sort que pour pousser plus fort.
 
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La position du héron
En espadrilles pour commencer
  • Position de base d'abord: pieds parallèles, genoux fléchis, fesses rentrées.
  • Levez un pied de quelques centimètres pour le tenir un peu en arrière, le genou et le pied orientés vers le sol.
  • Rester en équilibre sur l'autre pied, comme si vous glissiez sur un patin.
  • Les genoux se touchent légèrement ou presque.
Voilà la position du héron qui guette sa proie, tout prêt à frapper, et du patineur qui glisse, tout prêt à pousser. Eddy Matzger appelle ça, en anglais "ampersand", pour sa ressemblance à la signe "&" (et commercial). C'est fondamental au patinage.
 
Simulons le mouvement de patiner
  • Position du héron comme ci-dessus; commençons avec le pied gauche sur terre, le pied droit levé.
  • Amorcez le mouvement en vous déhanchant à droite. Laissez-vous "chuter" ensuite, pour vous rattraper au dernier moment en posant le pied droit.
  • Quand vous posez le pied, transférez tout votre poids là-dessus; centrez-vous sur ce pied, en équilibre.
  • Récupérez le pied gauche en faisant un demi-cercle en arrière pour le retourner à la position héron. Ça s'appelle le retour de jambe.
  • Répétez vers le côté gauche ce que vous venez de faire à droite. C'est les hanches qui mènent, pas les épaules.
  • Continuez la séquence au ralenti, d'un côté à l'autre: position héron, chute avec les hanches, pied posé et transfert de poids, retour de jambe en demi-cercle.
  • Héron, chute, pose, retour... Héron, chute, pose, retour.
Chaque fois que vous retournez à la position héron, faites toucher légèrement le genou levé contre l'autre. On ne le fait pas en patinant (sauf comme exercice technique), mais c'est un truc qui aide à centrer le corps au plan latéral.
 
Simulons des poussées
 
Au moment où la chute requiert qu'on pose le pied pour se rattraper, faites comme si l'autre jambe faisait une poussée.
  • On pousse de côté, jamais à l'arrière;
  • On pousse avec le pied entier, ou mieux avec le talon, jamais avec les orteils.
  • À l'instant même qu'on pose un pied, on lève celui qui poussait.
  • Une bonne poussée se termine avec un "kick", un petit coup sec.
En patins maintenant
 
D'accord, pour se mettre en mouvement il faut une première poussée en arrière. Une fois en mouvement cependant on pousse de côté, et ce, de manière de plus en plus importante en prenant de la vitesse. Genoux fléchis, fesses rentrées, position héron, hanches qui amorcent le balancement, transfert de poids complet d'un patin à l'autre, retour de jambe en demi-cercle.
  • Quand on débute, on a tendance à vouloir garder le poids entre les deux patins, plutôt que centré sur un patin à la fois. Lâchez cette habitude dès que possible!
  • Pourquoi pousser de côté? Dès qu'on roule le moindrement vite, c'est impossible de pousser assez vite en arrière pour accélérer encore plus. En poussant de côté on obtient, même à grande vitesse, un contact efficace avec l'asphalte pendant toute l'étendue de la poussée. Et puis, ça évite le mal de dos, car le corps supérieur peut rester stable.
  • Pourquoi le retour de jambe en demi-cercle? C'est un mouvement fluide qui permet d'amorcer la prochaine foulée, mais surtout, qui rentre le patin (et toute la jambe) directement en-dessous du corps. Quand on récupère de côté, on a tendance à commettre deux erreurs:
     
    1. On laisse planer le patin dans l'air comme une aile. Cela engage à une glisse très longue (inefficace en patin aligné), et crée une dépendance sur "l'aile" pour l'équilibre.
    2. On devient paresseux avec le retour de jambe, de sorte qu'au moment de poser le patin on le fait à l'extérieur, en-dessous de l'épaule par example, au lieu de le mettre en-dessous du nombril. Quand on patine comme ça, soit on saute de côté à côté pour se mettre sur les patins, soit on n'est jamais vraiment sur un patin ni l'autre. Le premier est une perte d'énergie, le deuxième une perte de force potentielle.
La technique du patin aligné diffère de celle de la glace. Sur la glace, on pousse avec le pied entier, le patin se perd en arrière, et la poussée se termine sur l'avant de la lame. En patin aligné, on pousse avec le talon, le patin peut rester à côté (ou même avancer), et la poussée se termine sur toutes les roues, avec pression sur les roues arrières.
 
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Les positions d'attente
  1. Le "T"
    On pose le talon d'un patin à 90° contre le milieu l'autre, en "T". De cette manière on ne peut pas rouler dans une direction ou l'autre, parce qu'un des patins sera perpendiculaire au mouvement.
     
  2. Chevilles ouvertes
    Pour contrer la tendance à laisser "casser" les chevilles (de sorte qu'on est sur la carre intérieure des roues des deux patins), plusieurs patineurs font à dessin le contraire. Vous les verrez avec les chevilles ouvertes, les deux patins étant sur la carre extérieure des roues. Ce n'est pas vraiment une position d'attente, mais une pratique qui aide à avoir confiance sur la carre extérieure.
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La position ciseaux
La position ciseaux est l'atout le plus important que peut avoir un patineur. Elle permet de tourner facilement, de descendre en sécurité, de passer aisément par toutes sortes d'obstacles (gravelle, rails de chemin de fer), et de s'arrêter tranquillement dans le gazon. Sans elle, toutes ces opérations sont périlleuses.
 
Dans le gazon pour commencer
  • Genoux fléchis, fesses rentrées.
  • Latéralement, les patins séparés de la largeur d'une ou deux mains.
  • Un patin avancé... le talon de l'un près de l'orteil de l'autre.
Expérimentez cette position un peu. Où est votre poids? Ayez moins de poids sur le patin en avant, et moins de poids sur les avants-pieds. Balancez les hanches doucement d'un côté à l'autre, en restant équilibré. Changez le patin qui est en avant. Répétez l'expérimentation. Avancez le patin un peu plus, un peu moins. Sur le plan latéral les patins sont toujours à peine séparés -- comme des ciseaux.
 
Sur asphalte maintenant, sans rouler d'abord
 
Faites un mouvement de ciseaux, en gardant les patins bien proches latéralement. Servez-vous de vos hanches pour maintenir l'équilibre. Remarquez qu'on avance un patin pour le poser en avant, enlevant du poids de ce patin et des avants-pieds. Faire le contraire, en reculant un patin pour le mettre en arrière, mettrait votre poids sur les orteils. Il faut que le poids soit toujours vers l'arrière: un peu plus sur le patin arrière, un peu plus sur les talons. Ainsi les roues avant des deux patins surmonteront aisément n'importe quoi.
  • Si vous écartez trop les patins (sur le plan latéral), les ciseaux seront impossibles. C'est la problématique de la peur: on écarte les patins pour être "plus stable", mais ça nuit à la vraie stabilité. Écarté, on s'oblige à avoir les patins parallèles (et, surtout, sur les carres intérieures). Écarté, on trébuche facilement, on tourne difficilement, et arrêter est impossible.
  • Plus un patin s'avance devant l'autre, moins il y a d'écart latéral. Cependant, en "ciseautant" (mettre en avant tantôt un patin tantôt l'autre), on remarque qu'au moment où les deux patins sont parallèles il y a un écart naturel de la largeur de 2-3 mains. Le mot clef est naturel. Faites ce mouvement en regardant comment le va-et-vient avant-arrière crée un autre va-et-vient latéral; c'est comme respirer.
  • Pour s'arrêter bien avec un frein, il faut maîtriser les ciseaux!
Si vous êtes débutant, pratiquez la position ciseaux chaque fois que vous roulez. Vous serez plus à l'aise avec un patin plutôt que l'autre en avant, mais essayez l'autre aussi. Servez-vous de vos hanches pour l'équilibre. Et quand vous pratiquez le freinage, faites-le en ciseaux -- le patin au frein en avant, bien sûr!
 
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La position slalom
Dans le gazon pour commencer
  • Position de base: genoux fléchis, fesses rentrées, patins parallèles, séparés de la largeur d'une ou deux mains. Les roues à la verticale.
  • Déhanchez-vous à droite, puis restez là et regardez bien vos roues. Si vous avez bien fait, les roues du patin droit seront sur la carre extérieure, tandis que les roues du patin gauche seront sur la carre intérieure.
  • Balancez les hanches d'un côté à l'autre, faisant de sorte que les roues aussi font un balancement, passant de la carre intérieure à la carre extérieure et l'inverse.
  • Quelle sensation avez-vous quand un de vos patins est sur la carre extérieure? Les chevilles, le pied dans la bottine... Il faut y prendre confiance.
Sur asphalte maintenant, en roulant doucement
  • Répétez ce que vous venez de faire sur le gazon, en faisant attention de ne pas trop écarter les patins. Servez-vous de vos hanches pour maintenir l'équilibre. Explorez la sensation d'avoir les roues sur la carre extérieure ou intérieure.
  • Garder les patins parallèles pour le moment. Rien qu'à faire ce balancement vous avez tendance à tourner, n'est-ce pas? Il suffit de peu pour transformer cette tendance en des tournants vigoureux et sécuritaires.
     
    • Pour tourner, on balance les hanches du côté où on veut aller, les deux patins s'inclinant aussi de ce côté.
    • En même temps on fait les ciseaux, avançant le patin qui est du côté où on veut aller. Faites attention à ce que ce patin-là passe sur la carre extérieure.
    • Tourner à droite? Déhanchez-vous à droite et avancez le patin droit.
    • Tourner à gauche? Déhanchez-vous à gauche et avancez le patin gauche.
    • Le slalom n'est qu'un enchaînement de tournants, mais quand on le fait vite et serré on constate que l'asphalte résiste à ces changements de direction. Pour faciliter les tournants, enlevez un peu de poids des avant-pieds, surtout celui qui est avancé -- même jusqu'à lever les roues avant. Servez-vous du patin avancé comme gouvernail du tournant.
       
  • Ajoutez des petites poussées -- les deux jambes simultanément -- comme si vous faisiez du ski. C'est un moyen alternatif (et parfois plus sûr) de se propulser.
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La position alpine
Pour la meilleure vitesse en descente. Cette position se réserve aux experts.
  • Genoux très fléchis, tronc très fléchi, les avant-bras légèrement appuyés sur les cuisses.
  • Patins bien écartés et parallèles.
  • Roues sur le centre sinon sur la carre extérieure, jamais sur la carre intérieure. (Avoir les roues sur la carre intérieure crée un effet de freinage et un risque de virages inattendus. Pour être tout à fait sûr, ouvrez les chevilles jusqu'à ressentir que vous roulez sur les carres extérieures.)
  • Yeux vers l'avant. Il ne faut jamais être surpris. Sur une longue descente, il suffit de baisser la tête brièvement de temps à autre pour reposer le cou.
  • Lorsque s'approche une inégalité de surface on adopte immédiatement la position ciseaux pour une meilleure stabilité avant-arrière.
  • En se relevant de cette position afin de reprendre les poussées, on rapproche les deux patins afin de faciliter le transfert du poids sur le côté qu'on veut. Car si on essaie de pousser avec les patins écartés, à grande vitesse, on risque de chuter.
À haute vitesse, le vent peut vous bafouer d'un côté à l'autre, comme une balle-papillon au baseball. Pour éliminer cet effet, on avance les deux mains ensemble en forme de proue -- c'est très efficace. Pour suivre une courbe en descente il suffit de se déhancher vers la direction voulue.
 
Parfois, à haute vitesse, on expérimente une oscillation incontrôlable dans les patins. Parfois c'est la faute des patins, parfois c'est la faute du patineur. Peu importe, il faut réagir immédiatement et avec fermeté, en insistant qu'on va rouler bien -- car, au fait, c'est contrôlable. Souvent ça arrive parce qu'on est sur la carre intérieure, une position timide. On se corrige donc.
 
Remarquez que dès qu'un patin commence à osciller on a tendance à enlever notre poids de ce patin; mais c'est cela qu'il ne faut pas faire. Enlever le poids c'est donner au patin la liberté d'osciller encore plus. Même s'il y a un problème avec les patins, on peut briser l'oscillation en mettant plus de poids tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre, et avec fermeté. On peut avoir peur, mais il ne faut pas être timide.

 
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La position bouchon
Ceci est à éviter!!!
  • Patins parallèles et très écartés (de la largeur des épaules ou pire).
  • Chevilles "cassées" vers l'intérieur, les roues des deux patins étant sur la carre intérieure.
  • Les jambes presque droites, plutôt rigides.
J'appelle ça la position bouchon parce que le patineur se coince entre ses deux patins, comme un bouchon dans une bouteille. C'est qu'il se coince dans sa peur, ne se permet pas la liberté du vrai patinage. Le plaisir du mouvement libre est comme du vin, il faut que ça coule...
 
Ne faites pas la position bouchon!
  • Ça restreint terriblement le mouvement, parce que le corps n'est jamais pleinement engagé.
  • On se croit plus sécuritaire, mais le contraire est vrai. Quand on est constamment en train de tomber (d'un patin à l'autre), on ne développe jamais la stabilité dynamique -- cette simple capacité, comme sur un vélo, de se maintenir en équilibre grâce au mouvement.
  • Le poids n'étant jamais à 100% sur un seul patin, la poussée est faible. C'est comme enlever la moitié du poudre avant de faire feu au canon. C'est seulement quand le poids du corps entier se trouve sur un seul patin qu'on peut décharger le plein potentiel de notre poussée.
  • Ça empêche de freiner! Pourquoi? Parce qu'en position bouchon on ne peut pas avancer le patin qui porte le frein, ce qu'il faut faire absolument pour un freinage efficace. Si vous l'essayez, vous vous rendrez instable, vous ne pourrez pas contrôler votre direction, votre freinage sera tellement faible que vous mettrez 20 mètres à vous arrêter.
  • Ça rend les tournants périlleux... Il y a même plusieurs patineurs de vitesse, pourtant bien doués pour aller tout droit, qui se figent devant un tournant serré. Adoptant la position bouchon, ils virent large, causant des ennuis aux autres patineurs.
Demandez à un ami de vous suivre en vous regardant patiner. Posez-vous les patins directement en-dessous du corps, ou plutôt à côté? Posez-vous les patins sur la carre extérieure des roues (ou au tout le moins sur le centre), ou sur la carre intérieure? Vos chevilles sont-elles droites ou toujours cassées à l'intérieur? Pouvez-vous glissez tout droit sur un patin pendant quelques mètres, ou devez-vous poser l'autre patin tout de suite pour ne pas tomber?
 

 
Rod Willmot

 

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